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Dimanche 25 février 2007 7 25 /02 /Fév /2007 12:23
 
 
Anne REYCHMAN
BCDE architecture
 
 
LA ZAC DITE DU « CLOS AUX BICHES » - NOISY LE GRAND
 
Le développement durable n’est pas un effet de mode. L’idée de développement, incluant des préoccupations économiques, sociales et environnementales, est le minimum vital qu’une Société Humaine puisse s’offrir.
 
Le « tout économique », unique critère de réussite et d’évolution, est une offense à la créativité et à l’intelligence. Cette démarche de pensée réductrice est très pratique et très facile à mettre en œuvre, car elle nécessite peu de réflexion en simplifiant les objectifs.
 
Elle met en avant des éléments « scientifiques » sous-entendus irréfutables et inébranlables (alors que la science n’évolue que par ses remises en cause permanentes), et permet de modeler la société suivant des critères réducteurs tels que : tableaux comparatifs, classement, sections, zones, types, etc…
 
C’est une démarche paresseuse et ennuyeuse qui n’efface pas la complexité réelle de la société, complexité beaucoup plus difficile à gérer et réglementer. L’histoire a montré que les dispositions des civilisations ont été le fait d’abandons ou de négligences environnementales et sociales. En fait, enrichir les enjeux et multiplier les choix est une chance pour la pensée, la création, l’innovation et certainement une chance de réussite.
 
Les enjeux urbains se situent sur le même registre : inclure le temps et l’espace, l’histoire des habitants et des passants dans la ville (mémoire et souvenir), l’histoire de la ville dans son environnement (physique, social, économique), donner un sens aux lieux (un sens d’usage, poétique, symbolique…..), donner une raison d’occuper un lieu.
 
La ville se construit et s’enrichit par juxtaposition et superposition d’espaces (pleins et vides) liés à la mémoire ; la superposition ne voulant pas forcement dire suppression. La question de l’intérêt général face à l’intérêt particulier est donc posée, ainsi que la continuité historique face au renouvellement.
 
La difficulté est de travailler sur l’ensemble de ces questions sans compromis, et sans cette idée incongrue extrêmement répandue qui consiste à imaginer une réponse « neutre », insatisfaisante pour tous et pour chacun. Mais il est tout aussi incongru de proposer des solutions péremptoires, sans justifications.
 
En effet, élargir les thèmes de réflexion, et par conséquent les choix possibles, nécessite de remettre en cause ses habitudes de pensée, de se donner du temps, de s’entourer de compétences, d’être à l’écoute afin de définir des objectifs sensibles dans une politique globale, prospective et affirmée.
 
C’est exactement ce qui semble ne pas avoir été appliqué pour le projet de la ZAC dite du Clos aux Biches :
 
-      Suppression de 70 maisons, avec ses habitants, dans le quartier des Bas Heurts, pour un projet de 1500 logements,
-      Organisation de la ville par zonage,
-      Proposition d’un aménagement urbain pour les bureaux de Mailles horizon, qui relève de la tentative artistique.
 
Tout cela semble faire partie d’une époque révolue. Ne pas prendre en compte l’environnement existant, ignorer les habitants (qui vont et qui viennent), l’histoire et le site, organiser des quartiers uni fonctionnels, se dégager d’une politique prospective liée au déplacement, considérer l’architecture comme une œuvre,…..
 
Un aménagement urbain n’est pas un plan. C’est un support pour un cadre de vie, destiné à être vécu par des hommes qui prendront plaisir à vivre sur ce lieu.
 
Voilà pourquoi le Développement Durable existe.
 
Et après l’analyse du contexte économique, social et environnemental en prenant position sur les grands domaines d’impacts à traiter (épuisement des ressources naturelles non renouvelables, pollution de l’air, des eaux et des sols, nuisances). En déterminant des grands enjeux pour la ville. En définissant des priorités à dégager. En choisissant des objectifs principaux et des particularités.
 
Alors, imaginons d’autres projets intégrant aussi la maison individuelle, c'est-à-dire :
 
-      Poser les maisons sur les toits des logements collectifs,
-      Concevoir une « nappe » de maisons sur une structure de bureaux,
-      Resserrer les espaces de dessertes pour densifier davantage,
-      Grouper les maisons pour former un plot,
-      Faire des logements collectifs qui possèdent un jardin ou une terrasse plantée,
-      Remplir totalement un terrain avec des logements en patios,
-      Concevoir des maisons avec des toits plantés et marcher dessus,….
 
Et ainsi, qui dans longtemps, fera de belles ruines….
 
 
Paris le 15 février 2007
Par adihbh-v - Publié dans : noisy-enquete-publique
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